Campagne Confédérale contre le FN

France. Les très bons comptes de l’immigration.

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Juan Pedro Quiñonero, Courrier International, 27/04/2012

Les immigrés sont une excellente affaire pour l’Etat français : ils rapportent une grosse douzaine de milliards d’euros par an et paient nos retraites.

Les immigrés sont une très bonne affaire pour l’économie française : ils reçoivent de l’Etat 47,9 milliards d’euros, mais ils reversent 60,3 milliards. Autant dire un solde positif de 12,4 milliards d’euros pour les finances publiques, qui ne représente pourtant que la part monétaire de transferts bien plus importants. Dans ce pays de 64,7 millions d’habitants, 6,5 millions de Français comptent au moins un immigré dans leur famille. Les chiffres de l’immigration légale sont très fluctuants. En France, on recense environ 5,3 millions de résidents étrangers avec leurs familles.

Une équipe de chercheurs de l’université de Lille, sous la direction du Pr Xavier Chojnicki, a réalisé pour le compte du ministère des Affaires sociales une étude sur les coûts de l’immigration pour l’économie nationale. Travaillant sur des chiffres officiels, les chercheurs ont décortiqué tous les grands postes de transfert des immigrés. Il en ressort un solde très positif. Les chercheurs ont remis leur rapport en 2009, au terme de trois ans d’études. Les 47,9 milliards d’euros que coûte l’immigration au budget de l’Etat (2009) sont ventilés comme suit : retraites, 16,3 milliards d’euros ; aides au logement, 2,5 milliards ; RMI, 1,7 milliard ; allocations chômage, 5 milliards ; allocations familiales, 6,7 milliards ; prestations de santé, 11,5 milliards ; éducation, environ 4,2 milliards.

De leur côté, les immigrés reversent au budget de l’Etat, par leur travail, des sommes beaucoup plus importantes : impôt sur le revenu, 3,4 milliards d’euros ; impôt sur le patrimoine, 3,3 milliards ; impôts et taxes à la consommation, 18,4 milliards ; impôts locaux et autres, 2,6 milliards ; contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) et contribution sociale généralisée (CSG), 6,2 milliards ; cotisations sociales, environ 26,4 milliards d’euros.

À ce solde positif de quelque 12,4 milliards d’euros il faut ajouter d’autres revenus pas toujours monétaires, mais d’une grande importance sociale et économique : les immigrés occupent l’immense majorité des emplois dont les Français ne veulent pas, et 90 % des autoroutes ont été et sont construites et entretenues avec de la main-d’œuvre étrangère. Sans immigrés, les prix à la consommation (produits agricoles et autres) seraient bien plus élevés, la main-d’œuvre étrangère étant bien moins payée.

La comptabilité réalisée par les chercheurs de l’université de Lille fait ressortir aussi de profonds changements sociaux. Majoritairement jeunes, les immigrés sont de grands consommateurs : comme nous venons de le voir, ils versent environ 18,4 milliards d’euros à l’Etat sur leurs dépenses personnelles, notamment en TVA. Les immigrés ont modifié en profondeur le sport et les arts populaires français : la grande majorité des footballeurs de haut niveau sont issus de l’immigration, et les artistes d’origine immigrée, noirs et maghrébins, peuplent le Top 50 de la chanson populaire.

Parallèlement, de nombreux métiers, en particulier dans les services, ne fonctionnent en France que grâce à l’immigration. Plus de la moitié des médecins hospitaliers dans les banlieues sont étrangers ou d’origine étrangère. Pas moins de 42 % des travailleurs des entreprises de nettoyage sont des immigrés. Plus de 60 % des ateliers de mécanique automobile de Paris et de la région parisienne appartiennent à des mécaniciens et petits entrepreneurs d’origine étrangère.

Dans un domaine aussi crucial que l’avenir du système des retraites, les immigrés jouent un rôle des plus favorables. Le très officiel Comité d’orientation des retraites est parvenu à cette conclusion : “L’entrée de 50 000 nouveaux immigrés par an permettrait de réduire de 0,5 point de PIB le déficit des retraites.”

Xavier Chojnicki commente ces résultats en ces termes : “Il s’agit d’un processus historique lié à la structure de la population immigrée, majoritairement jeune. Comme ils sont peu qualifiés, les immigrés sont très souvent au chômage. Mais ils dépensent aussi beaucoup et sont très entreprenants. Les pensions que nous versons aux retraités sont plus que compensées par la consommation et les cotisations sociales que paient les plus jeunes, parmi lesquels on trouve des gens très dynamiques.”

Websérie " Faisons barrage au FN ! "

Épisode 1 : comment démasquer l’imposture économique et sociale du FN ?

mercredi 3 mai 2017

Comment démasquer l’imposture économique et sociale du FN ? Voici le premier épisode de la websérie CGT "Faisons barrage au FN".

Pascal Debay, dirigeant confédéral CGT répond à nos questions. Le FN est-il devenu le premier parti ouvrier de France ? Le retour au franc face à la crise : entre solution et rétropédalage du FN ; Comment la CGT peut-elle démontrer que le FN est un parti pro-capital et non pas pro-travailleurs ?

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Postures et imposture du marino-lepénisme

Institut d'Histoire Sociale CGT, Montreuil, le 27 février 2012

Quatre facteurs principaux ont contribué à favoriser l’essor du Front national depuis sa création (1972). L’arrêt de l’immigration en 1974 a provoqué en réplique la sédentarisation des Maghrébins et le regroupement familial. L’instauration du capitalisme mondialo-financiarisé a provoqué des dégâts socio-économiques d’ampleur (chômage de masse, précarisation, destruction des solidarités  laborales). Le non-respect des engagements électoraux (la rigueur avec François Mitterrand, l’abandon de la lutte contre la fracture sociale par Jacques Chirac, le reniement du discours du Bourget avec François Hollande). Enfin, le terrorisme djihadiste a légitimé l’islamophobie et facilité le repli  sur une identité nationale à la fois mythique et réactionnaire.

Le FN ne s’est pas seulement contenté de dénoncer la mondialisation, le système politique, l’immigration, les élites. Dans la ligne du GRECE et du Club de l’Horloge, il a  élaboré une idéologie visant à convaincre les électeurs du bien-fondé de ses positions. Devenu parti « catch-all », selon le vocabulaire de la science politique américaine (attrape-tout), le FN est traversé par des contradictions difficiles à maîtriser. Les provocations de Jean-Marie Le Pen séduisent certains mais en détournent d’autres. La scission mégrétiste de 1988 montre l’intensité des rivalités et des désaccords internes au sein du parti frontiste. En même temps, la progression du FN bute sur « un plafond de verre » suscité par son antisémitisme et son amateurisme.

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